Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York s’est imposé comme une institution pionnière dans l’intégration de l’intelligence artificielle au cœur de ses pratiques artistiques et curatoriales, redéfinissant la manière dont l’art et la technologie dialoguent au XXIᵉ siècle.
L’une des œuvres les plus emblématiques de cette exploration est Refik Anadol : Unsupervised, une installation générative d’intelligence artificielle qui a captivé les visiteurs du MoMA et marqué un tournant historique pour l’art numérique. Pour concevoir cette œuvre, l’artiste turc-américain Refik Anadol a entraîné un modèle d’apprentissage automatique sur plus de 200 ans de données visuelles issues des archives numérisées du MoMA, créant ainsi une « hallucination machine » — une machine qui interprète et réinterprète en continu l’histoire de l’art moderne.
Présentée sur un écran géant dans le lobby du musée, Unsupervised évolue en temps réel, générant des paysages visuels fluides et en transformation, influencés non seulement par son corpus d’entraînement, mais aussi par l’environnement du musée : mouvements des visiteurs, lumière ambiante et variations sonores. Cette dynamisation en direct fait interagir l’œuvre avec le public de manière unique. https://refikanadol.com/works/unsupervised/
En 2023, le MoMA a franchi une étape symbolique en acquérant Unsupervised dans sa collection permanente, en faisant la première œuvre d’art générative en intelligence artificielle à rejoindre officiellement ses collections modernes et contemporaines. https://www.moma.org/magazine/articles/839
Au-delà de cette œuvre phare, le MoMA explore l’IA sur plusieurs fronts. Il collabore avec des partenaires technologiques pour appliquer des outils comme la vision par ordinateur à l’analyse de ses archives photographiques historiques, et expose des œuvres critiques comme Anatomy of an AI System de Kate Crawford et Vladan Joler, qui dissectent l’infrastructure matérielle et sociale sous-tendant les technologies intelligentes.
Ce positionnement du MoMA contribue à enrichir les débats contemporains sur la nature de l’art, l’impact des technologies sur la création et sur la manière dont les institutions culturelles peuvent intégrer et questionner ces nouveaux médiums.

