Esthétiques artificielles

Présentation

«…faire produire des œuvres par des GAN (Generative Adversarial Network) et faire écrire par des LLM (Large Language Models) qui sont capables d’une étonnante réflexivité ? Comment la philosophie esthétique contemporaine se doit-elle de réagir face à de telles créations, qui remettent radicalement en question les concepts traditionnels d’originalité et d’auctorialité et l’ensemble des valeurs esthétiques anciennes centrées sur l’humain ?»

Ce que l’intelligence artificielle change à l’art, par Alexandre Gefen

«…de mettre devant nous le statut spécifique de l’art moderne où se disjoint, d’une part, le projet, l’idée, le concept et, d’autre part, la réalisation elle-même qui devient secondaire…»

«Que les images artificielles créées par les IA génératives ne puissent pas être protégées par le droit d’auteur et qu’elles soient inversement attaquées comme violant le droit d’auteur est bien le signe de cette artisticité dégradée au regard des critères classiques de la littérature et de la peinture.»

«…la modernité qui a comme on le sait « dédéfini » l’œuvre d’art, c’est-à-dire en a récusé les définitions préétablies : le problème de l’originalité, de l’auctorialité, de l’intentionalité, de la matérialité de l’œuvre et de son unicité, la transformation des critères du jugement esthétique, des normes de la beauté, de l’établissement de la valeur. »

«Cette transformation remet non seulement en question les notions traditionnelles de valeur artistique basées sur le travail manuel ou le génie de l’artiste…»

«Dans son espace latent, le réseau de neurones a réduit les représentations non pas à des idées au sens platonicien, mais à des structures statistiques encodées dans des matrices multidimensionnelles qui ont leur propre idée du monde et leur propre manière, stochastique, de savoir ce qu’est un visage souriant ou un lever de soleil. »

in Nouvelle revue d’esthétique.
2024/1 n° 33. Presses Universitaires de France. 212 pages

 

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