Parler de l’intelligence artificielle est une chose. Comprendre son fonctionnement en est une autre : vecteurs, espaces latents, deep learning, neurones artificiels — autant de concepts que l’on cite souvent sans vraiment savoir ce qui se passe dessous. Neural Networks from Scratch est un livre et un cours qui rendent accessible la construction d’un réseau de neurones depuis zéro. L’auteur, Harrison Kinsley (alias Sentdex), part d’un constat simple : la plupart des tutoriels en deep learning simplifient à l’excès. On importe Keras ou PyTorch, on résout un problème déjà résolu sur un jeu de données déjà préparé, et on obtient…

Nous avons publié un article récemment sur le Dossier documentaire de l’exposition Le monde selon l’IA en pdf. L’exposition est aussi disponible en livre : Le monde selon l’IA, Explorer les espaces latents. Sous la direction d’Antonio Somaini. Commissaires associés : Ada Ackerman, Alexandre Gefen, Pia Viewing. Avec des textes de Ada Ackerman, Noam Elcott et Tim Trombley, Alexandre Gefen, Nick Monfort, Fabian Offert, Antonio Somaini, Joanna Zylinska. Résumé Dans des espaces latents de matrices mathématiques immenses, des réseaux de neurones artificiels comprennent le monde comme un code et se mettent à apprendre par eux-mêmes à produire des images et…

Cette série audio en six épisodes de France Culture explore les bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle dans les arts — musique, cinéma, photographie, peinture et littérature. À travers analyses historiques, esthétiques et économiques, elle montre que la question n’est pas nouvelle : dès les années 1950, des artistes comme Jean Tinguely déléguaient déjà une part du geste créatif à la machine. Mais l’essor récent des IA génératives, désormais accessibles au grand public, change radicalement l’échelle et l’impact de ces pratiques. La série interroge la place de l’artiste, la notion d’auteur, la créativité, ainsi que les enjeux de droits et de…

Le projet Oupoco (Ouvroir de poésie combinatoire) propose une relecture contemporaine de la création poétique en s’appuyant sur un vaste corpus de 4 872 sonnets écrits par 760 auteurs et autrices, du XIXᵉ siècle à des figures aujourd’hui oubliées. Conçu par Thierry Poibeau, Oupoco permet de générer des poèmes selon des contraintes choisies : auteurs, thèmes, formes de sonnets ou schémas de rimes. Cette approche prolonge directement l’esprit de l’Oulipo* et des expérimentations de Raymond Queneau**, en affirmant la poésie comme un jeu combinatoire et un dispositif de potentialités. Présenté sous la forme d’une « boîte à poésie » itinérante, le…

L’espace latent est une notion centrale pour comprendre l’IA générative. Lors de l’entraînement, l’algorithme ne reconnaît pas des objets à partir de règles explicites, mais organise les données (images, textes) dans un espace multidimensionnel fondé sur des similarités inférées. Chaque dimension correspond à une caractéristique détectée (taille, style, contexte, etc.), et les objets proches forment des régions cohérentes. Générer ou modifier une image ou un texte revient à explorer cet espace : choisir un point, interpoler entre régions ou appliquer des vecteurs de transformation. Les prompts, esquisses et modulations sont ainsi des gestes de navigation créative dans cet espace abstrait….

Présentation «…faire produire des œuvres par des GAN (Generative Adversarial Network) et faire écrire par des LLM (Large Language Models) qui sont capables d’une étonnante réflexivité ? Comment la philosophie esthétique contemporaine se doit-elle de réagir face à de telles créations, qui remettent radicalement en question les concepts traditionnels d’originalité et d’auctorialité et l’ensemble des valeurs esthétiques anciennes centrées sur l’humain ?» Ce que l’intelligence artificielle change à l’art, par Alexandre Gefen «…de mettre devant nous le statut spécifique de l’art moderne où se disjoint, d’une part, le projet, l’idée, le concept et, d’autre part, la réalisation elle-même qui devient…

L’exposition Le monde selon l’IA explore comment l’intelligence artificielle transforme notre expérience du monde et la création artistique à l’ère numérique. Présentée au Jeu de Paume* à Paris (avril – septembre 2025), elle réunit des œuvres récentes, souvent inédites, qui interrogent l’impact social, culturel et esthétique des IA, du traitement analytique des données aux systèmes génératifs produisant images, textes et sons, tout en invitant à une réflexion critique sur ces technologies. *Centre d’art parisien dédié à l’image, le Jeu de Paume explore photographie, cinéma et création contemporaine, tout en favorisant recherche, médiation, dialogue public et engagement durable. Dossier documentaire de l’exposition Le…

Jim Gabaret interroge la possibilité de considérer les productions de l’intelligence artificielle comme de l’art, à partir d’un critère central : l’intentionnalité. Son point de départ est classique en philosophie de l’art : si toute œuvre artistique est, d’une manière ou d’une autre, intentionnelle, alors l’IA — souvent décrite comme dépourvue de conscience, de vécu et de point de vue — peut-elle réellement produire de l’art ? Gabaret montre d’abord que l’histoire de l’art elle-même fragilise l’idée d’une intention créatrice unique, consciente et individuelle. De nombreuses pratiques artistiques — art collectif, art commandé, art décoratif, art aléatoire, art brut ou…

Cette conférence d’Alexandre Gefen, directeur de recherche au CNRS, explore les bouleversements profonds que l’intelligence artificielle introduit dans la philosophie de l’art. Issu des humanités numériques, Gefen inscrit sa réflexion dans une perspective historique et critique, nourrie par le projet de recherche CulturIA et par l’exposition Le monde selon l’IA au Jeu de Paume. L’art généré par l’IA se présente d’abord comme un paradoxe : il fascine par son abondance, sa visibilité médiatique et son apparente avant-garde, tout en étant largement dévalorisé. Il rompt avec les critères traditionnels de la valeur artistique — rareté, signature, effort, singularité — pour s’inscrire…

Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York s’est imposé comme une institution pionnière dans l’intégration de l’intelligence artificielle au cœur de ses pratiques artistiques et curatoriales, redéfinissant la manière dont l’art et la technologie dialoguent au XXIᵉ siècle. L’une des œuvres les plus emblématiques de cette exploration est Refik Anadol : Unsupervised, une installation générative d’intelligence artificielle qui a captivé les visiteurs du MoMA et marqué un tournant historique pour l’art numérique. Pour concevoir cette œuvre, l’artiste turc-américain Refik Anadol a entraîné un modèle d’apprentissage automatique sur plus de 200 ans de données visuelles issues des archives numérisées…

Revenir en haut de page